Agriculteurs mais non des jardiniers

  • mercredi, 06 décembre 2017 08:58
  • Super User
  • Photo Net

90% de la production mondiale de riz provient d'Asie, la moitié de l'humanité en dépend pour son alimentation. Selon les statistiques 2016/2017, la Chine demeure le « maillot jaune » de la production de riz sur la planète avec 144 millions de tonnes[métriques] suivi par l’Inde (108 millions), en 3ème position l’Indonésie (37,15). Viennent ensuite le Bangladesh (34,58), Vietnam (27,86), Thaïlande (18,86), Birmanie (12,4). En 8ème position se trouvent les Philippines produisant 11,5 millions de tonnes, Madagascar se situe à la 18ème place (2,44) juste devant le Sri Lanka (2,35) et le Laos qui est la « lanterne rouge » (1,95).

Le marché du riz est très restreint, seulement 6% de la production totale est commercialisée. La quasi-totalité est consommée sur place, à l’image de la Chine, premier producteur mondial (30 %) et en même temps premier consommateur. La Thaïlande et le Vietnam forment à l'heure actuelle les principaux exportateurs de riz, donc ils en produisent plus qu’ils n’en ont besoin et ils totalisent, à eux deux, 50% des ventes mondiales.

Les Philippines constituent le premier importateur mondial et l'Afrique, couvrant à peine plus de 10% de ses besoins, absorbe le 1/3 des importations mondiales.

Madagascar importe 400 000 tonnes de riz par an afin de couvrir ses besoins de plus de 4millions de tonnes. Car la riziculture occupe juste 5% du territoire du pays. Cela signifie que produire du riz, constituant 98% des besoins de base des Malagasy, est le cadet des soucis de leurs responsables.

On peut affirmer que le riz est l’équivalent du pétrole dans les Etats comme l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe où il existe un ministère du pétrole. Chez nous il existe un ministère de l’eau mais celui du riz pas du tout. Le ministère de l’agriculture n'a même pas la responsabilité du terrain rizicole, les infrastructures dépendent d’autre ministère comme les travaux publics et l’aménagement du territoire. La formation professionnelle et l’enseignement sont sous la charge du ministère de l’enseignement. La commercialisation et les fiscalités relèvent des finances et celui du commerce. Sans oublier l’Office National de la Nutrition (ONN) qui veille sur l’alimentation des enfants et des mères. Donc tout ce qui touche le riz depuis sa production jusqu’à son arrivée sur nos tables passent par de multiples départements sans vraie synchronisation.

Depuis la mise en place en 1963 de l’École Nationale Supérieure Agronomique (ENSA), devenu par la suite l'École Supérieure des Sciences Agronomiques ( ESSA ), des centaines d’ingénieurs ont été formés dans le secteur de l’agriculture, élevage, des Eaux et forêts mais aussi de l’environnement. Beaucoup ont rejoint le secteur privé, surtout les Organisations Non Gouvernementales (ONG) basées sur des « projets », d’autres entrent dans la fonction publique. Peu d’entre eux se sont vraiment lancés dans leurs spécialités.

Alors que la plus grande richesse de Madagascar réside dans ses terrains à perte de vue dont la majorité demeure cultivable, nous sommes propices pour une agriculture industrielle.

Actuellement la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA) commence à dépenser de l’argent et du temps pour apprendre aux citadins, comment cultiver dans son jardin afin de lutter contre la malnutrition. On éduque les écoliers la manière de faire des potagers pour renflouer les cantines scolaires, rien de mal à tout cela, mais cela reste du domaine de jardinage. C’est bon pour les environnementalistes et épater la galerie, on ne fait que dans l’apparence mais rien dans le fond.

Environ 90% des Malagasy résident dans le monde rural et tirent leurs ressources de la terre, on les catégorise comme paysans entrant dans la catégorie de secteur primaire. Mais avec leur lopin de terres, s’amenuisant de plus en plus à cause des partages suite aux héritages, sans compter la fatigue d’un sol qui produit de moins en moins, les engrais coûtant les yeux de la tête, pouvons-nous encore parler de paysans (tantsaha) ?

Déjà ils n'arrivent pas à produire pour leurs propres besoins en riz donc à être auto-suffisants, mais surtout, ils ne peuvent plus nourrir les 10% citadins. Vraisemblablement on est en face de gens pauvres, qui habitent dans la brousse mais non des agriculteurs, plutôt des jardiniers !

Ce n'est pas leur faute mais celle de l'Etat qui n'a pas de politique alimentaire, ni énergétique, ni de gestion du territoire. Nous n’avons que des apprentis sorciers qui, par pur hasard, arrivent au pouvoir par l'effet de Ni … Ni de la Communauté Internationale. Et voilà en fin du mandat, cette administration demande encore plus de temps pour travailler pour produire plus ?!
Elle oublie complètement que dans la moyen-ouest (région de Morondava), le riz est produit 3 fois par an, et que le stock est brûlé faute de routes d'évacuation !!

Cette année on compte importer 400 000 voire 600 000 tonnes, à 400 euro la tonne, c'est une bagatelle de 160 millions d'euro (60,6240 milliards de MGA) qui est en jeu ! Combien d'importateurs vont se partager ce marché juteux ? Sans oublier les différentes « commissions », oups corruption, elles atteignent les 10% voire 15% actuellement, inflation oblige ! La corruption monte comme le prix de l'essence ! Donc c'est plus de 86,4 milliards de MGA de commissions, le budget de campagne est assuré, vive la démocratie !

Mais nos compatriotes et …jardiniers peuvent toujours crevé. Seul un homme politique originaire du moyen-ouest disparu en 1993 s’est préoccupé vraiment de la riziculture dans les années 60, d’autres ont fait semblant en profitant du système d’aides internationales, certains ont vu une opportunité pour « leur secteur privé ». Personne n’y a pensé au vivier que constituent nos ingénieurs agronomes pour se lancer dans une agriculture rationnelle et industrielle, de vrais agriculteurs au sens contemporain du terme mais pas seulement des jardiniers.

Anonymous

 

Commentaire (1)
  • overnight for usa order viagra online tadalafil 20 mg without prescription generic cialis tadalafil name brand viagra from canada canadian pharmacy no prescription 5 mg cialis generic india Canadian Pharmacy Online generic cialis online pharmacy reviews healthy man pills buy maxifort
    samedi, 09 décembre 2017 21:47
Laissez un commentaire
Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.
 
 
B1 - Polyclinique
B2 - Toa