Résurrections ?

  • jeudi, 10 août 2017 13:58
  • Super User
  • Photo Sobika

Ces derniers jours il y a eu quelques « résurrections » sur la scène politique malagasy, des personnes qu’on a cru totalement sorties de notre vie quotidienne, voilà qu’ils annoncent leur retour !

Beaucoup pensent que faire de la politique est un jeu ressemblant de près ou de loin à du « poker ». On fait le mort pendant quelques temps et on resurgit soudainement en rappelant le bon souvenir du peuple. Quel souvenir ?

Certains ont tenu des responsabilités sans discontinuer dans ce pays pendant 19 ans, qu’est-ce qu’ils ont laissé comme héritage ? Un autre a gouverné Madagascar pendant 21 ans et fut deux fois renvoyé comme un malpropre mais n’arrive jamais à se retirer de la vie publique malgré la diminution assez significative de son champ visuel ! Il est vrai que ce dernier se tait actuellement mais cela ne signifie pas qu’il s’est totalement retiré de la politique, en privé il déclare encore qu’il est le « seul vrai homme d’Etat à Madagascar».

Un autre non content d’avoir eu du succès dans sa vie professionnelle, s’est aussi pris de vertige dans le monde politique et il a du mal à passer la main.

Effectivement après l’alcool et le cannabis le produit le plus enivrant du Malagasy est le pouvoir car celui-ci rime avec « argent et femmes ».

Une étude réalisée par des chercheurs ethnologues malais de Malaisie, les peuples Dayak (habitant Bornéo), dont font partie les Malagasy culturellement et linguistiquement, sont accrocs à l’alcool le tuak > toaka qu’ils boivent à chaque occasion de joie (mariage, inauguration, circoncision…) ou de funérailles et même tous les jours.

Chaque ivresse (mabuk /mamuk >mamo) est suivi d’actes de violence aveugles (a-muk) décimant des familles entières. Les défenseurs de la « culture malagasy » diront que partout dans le monde on vit cela mais pour une nation pauvre comme la nôtre cela s’appelle du « vice ».

Mais cette sensation de puissance ressentie en cas d’ivresse se transforme vite en capacité de nuisance incommensurable et ce, quel que soit le produit ayant provoqué l’enivrement. Ceci explique cela, personne n’est capable de faire un sevrage, même si les tentatives de désintoxication sont multiples.

Le pouvoir, comme le cannabis et l’alcool, est une drogue, son addiction commence souvent dès l’adolescence mais plus particulièrement à l’enseignement supérieur en commençant comme « délégué » des étudiants.

C’est à ce moment que chacun forge leurs armes de séduction en apprenant à leurrer ses condisciples. Combien d’hommes et de femmes politiques après mai 72 n’ont-ils pas débuté leurs carrières politiques à l’université ?

Tout y est politisé à Madagascar, il y a certainement des solutions présentées ici et là pouvant sortir notre pays de la pauvreté mais les divisions politico-claniques les rendent caduques. Tout est vu sous un angle déformateur sans objectivité aucune.

Un ancien officier général a été interrogé à l’Ecole de guerre à Paris sur ce qu’il compte faire, la réponse est plus que surprenante : « faire de la politique ».

Comme quoi c’est tout notre système de représentations qui méritent d’être revu. Quand certains devisent sur la « refondation nationale », il y a ceux qui voient derrière cela la mainmise d’un groupe ou dème sur le pouvoir selon l’adage : « regarde qui le dit ».

Pour d’autres le « Fédéralisme » n’a rien avoir avec celui des Etats-Unis, le Canada ou la Malaisie mais c’est un moyen de garder pour soi les richesses du terroir.

Le « libéralisme » est souvent interprété par les politiciens provenant du monde des affaires comme l’occasion en or de remplir leur compte personnel.

Au lendemain d'un changement de régime, un de nos connaissances, nous a déclaré sans ambages : « c’est notre tour de…manger (anjaranay indray izao no mihinana) », drôle de façon de voir les choses ! Le pouvoir enrichit comme l’alcool enivre, une fois là-dedans on ne se sent plus et on ne veut plus s’arrêter et même en recevant un ou plusieurs sévères coups de pieds dans le postérieur on tient toujours à revenir comme les Juifs de la Bible regrettant l’Egypte qui les ont asservis (manina ny tongolon’Ejipta).

Même à 90 ans on ne veut pas s’arrêter.

Anonymous

 

Laissez un commentaire
Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.
 
 
B1 - Polyclinique
B2 - Toa