Drôles de prisons malagasy

  • jeudi, 28 mars 2019 13:36
  • Anonymous
  • Photo Archives Gasypatriote

Dans quel type d’Etat vivons-nous ? 

L’histoire de ce candidat aux prochaines législatives de mai prochain, qui a été impliqué dans une histoire de kidnapping, a révélé les dysfonctionnements de nos systèmes judiciaires et carcéraux.

Par le décret 2006-015 du 17 janvier 2006 portant organisation générale de l’Administration Pénitentiaire, il a été stipulé à son article 6, les 5 catégories d’établissements:
- Maisons centrales;
- Maisons de force;
- Maisons de sûreté;
- Etablissements destinés à l’enfance délinquante;
- Camps pénaux.

De l’article 7 à 11 sont énumérés ceux qui y sont détenus.
Les maisons centrales reçoivent les prévenus, condamnés à des peines d’emprisonnement pour crime/délit ou de simple police, condamnés à des peines criminelles à temps, personnes contraintes par corps, des personnes détenues en transit, elles sont établies au siège des tribunaux de 1ère instance (art.7), c’est le cas d’Antanimora.

Il y va de même à l’article 9, pour les maisons de sûreté, destinées aux prévenus (en attente de jugement), condamnés à une peine de 6 mois à 2 ans, emprisonnement de simple police, contraintes par corps, détenus en transit,…

L’article 8 décrit ceux qui sont reçus dans les maisons de force (type Tsiafahy) : condamnés aux peines criminelles à perpétuité ou à mort, condamnés à la relégation, condamnés reconnus comme dangereux.

Dans la pratique quotidienne est-ce vraiment ce qui se passe ?

Apparemment non ! Les statistiques pénitentiaires françaises ont déclaré que 40 000 portables ont été confisqués en 2017 ! Car l’utilisation de ces appareils sont strictement interdit.

A Madagascar certains des détenus/ues possèdent des portables en toute impunité ! Alors ils/elles peuvent communiquer avec l’extérieur et ce…sans contrôle aucune ?

A l’image de ces 3 femmes emprisonnées à Antanimora, cerveaux présumés de certains enlèvements à Madagascar.

A la maison de force de Tsiafahy, 2 kidnappeurs présumés, à Anosivavaka le mois d‘août dernier semblent concocter une sortie pour raison médicale (évacuation sanitaire vers un établissement hospitalier) comme l’a fait Houcine Arfa ?

Ainsi on lance un appel aux principaux responsables afin de vérifier de près ces histoires (rumeurs ou réalités).

Malgré la loi qui interdit de revenir sur un verdict rendu par le juge à l’exception de nouveaux chefs d'accusation retenus à l’encontre du prévenu (à part ceux qui lui ont déjà été reprochés lors de son procès). 4 Magistrats de Toamasina responsables de la liberté provisoire donnée à Manantena Hajanirina Dina, présumé coupable du kidnapping d’Armane Kamis à Toamasina et Shane Kourdjee à Antsirabe, ont tous été suspendus de leur fonction par le Ministre de la Justice.

Nos prisons ne fonctionnent pas comme il se doit. Sont-ils devenus des écuries pour futurs kidnappeurs et autres bandits au lieu d’être des habitats destinés à la réflexion et la réhabilitation pour une nouvelle réinsertion sociale?

Déjà les catégorisations ne sont point respectées, on mélange tout, malgré ce texte de loi datant du 17 janvier 2006. Les prévenus, parfois pour des délits mineurs (vols de poulets !!!) côtoient des criminels endurcis (braqueurs, violeurs,…), et certainement ces prisons servent de lieux de recrutement de bandits de grand chemin, et leur surpeuplement diminue le temps de rétentions et augmente les libérations souvent n’excédant point la moitié des peines requises.

A part une infime minorité, les ex-prisonniers retombent toujours en plus grave, de bagarreurs de bistrot (peine de police), ils deviennent des braqueurs armés ou coupeurs de route (criminels dangereux).

D'ailleurs les magistrats, sans aucunes retenues, placent presque systématiquement les personnes déférées devant eux en prison, prison passoire pour beaucoup, sans parler des "écolages" à payer pour avoir des privilèges de Maputo, voire "certaines détenues" ont réhabilité pour eux une chambre avec confort, internet, télé, whisky pour les visiteurs, chez soi quoi.

Certains, sortis en MOP (Main d'Œuvre Pénale), assignés à travailler chez les hauts dirigeants de l'Etat, mais finis par faire des actes abominables et rentrent tranquille le soir en prison.

Certains, en milieu des enfants, grandissent avec des criminels et deviennent des fous dangereux à la sortie.

Maisons de force ou maisons centrales, nos prisons sont devenues des écuries pour malfrats, sans parler des milliers de prévenus en attente, interminable, dépassant largement les délais limites de détention provisoires.

Anonymous

 

 

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